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De la neige jusqu’au genou

24 décembre 2009

Samedi 12, debout de bonne heure. Nous avons un bus à prendre pour Québec. On y retrouve notre ami Flop pour une escapade marche et nature. Autant vous dire que de Québec nous n’avons vu que la gare et un super marché. Le coffre ainsi rempli de victuailles, nous avons pris la route en direction de Baie Saint-Paul. Un arrêt pour prendre quelques photos express (il fait -15° !) du point de vue sur le Saint Laurent (en partie gelé), quelques glissades et dérapages sur les routes désertes et, elles aussi, gelées, puis en route pour le parc des Grands Jardins, situé dans les Laurentides.

Dans la voiture, Flop nous annonce la couleur. La dame auprès de qui il a réservé les lits dans le refuge lui a annoncé une balade de 5km dans une trentaine de centimètres.

Le chemin est balisé mais pas tracé, paraît-il. Il en faut plus pour nous décourager et nous pousser à louer des raquettes. Insouciants, nous profitons de la jolie route qui conduit au départ de la balade, envahis par le paysage, la neige et les couleurs d’un magnifique soleil d’hiver déjà sur le déclin. Arrivés à bon port, nous nous équipons : collants, chaussettes épaisses, pantalons de ski, damart, t-shirt,

pull, polaire, bottes, bonnet, écharpe, gants et anorak. Bien emmitouflés, nous nous lançons sur le chemin à 15h30. Il n’est effectivement pas tracé, mais alors pas du tout tracé, nos jambes s’enfoncent dans bien plus de 30 cm, j’ai de la neige jusqu’au genou.

Flop ouvre la voie. Olivier suit ses traces. Ils avancent tous deux comme de vrais petits cabris. J’ai beau passer la troisième, la neige n’est toujours pas suffisamment tassée pour que je ne manque de me casser la figure à chaque pas. Au bout de 500 mètres je suis en nage, je râle. C’est de la folie ! On convient d’avancer moins vite, je mets ma genouillère et c’est repartit. Le paysage est magnifique. On longe un lac gelé. Du blanc à perte de vue. Le soleil décline mais cela ne nous convainc toujours pas de faire demi tour. La nuit promet d’être claire, nous sommes équipés de lampes frontales, bien habillés et le refuge n’est qu’à une heure et demi de marche.

4h30 plus tard, de nuit, par moins 15, dans plus de 50 cm de neige avec des sacs à dos chargés nous y étions encore. La route s’est avérée bien plus longue que prévue, du fait de la quantité de neige et du barrage insuffisamment gelé pour le traverser. Je suis passée par toutes les étapes : émerveillée du paysage, fatiguée, inquiète, essoufflée, les cheveux congelés, énervée, … Mais j’ai tenu. Olivier aussi. Nous avons réussi à suivre Flop,  montagnard, super entraîné, au moral d’acier qui au bout de 4h30 a fini lui aussi (enfin !) par fatiguer !

Arrivés au refuge glacé, les gars se sont afférés à couper du bois, allumer le poêle, préparer à manger tandis que j’essayais de récupérer mon souffle et mes cuisses, avachie sur une chaise colée au feu et une bière congelée (drôle d’expérience que la glace à la mousse de bière) dans la main. Autant vous dire qu’après cette marche, ce froid et ce repas, nous nous sommes écroulés, confinés dans nos sacs de couchage.

Le lendemain, nous nous sommes réveillés dans un cadre magnifique et dans un refuge ultra chauffé. Nous avons pris notre petit-déjeuner, à base de thé à la neige fondue et croissants au nutella, en t-shirt, avec vue sur le lac Pointu gelé.

Le retour s’est fait en un temps record par rapport à l’allée. Nous avions tracé le chemin la veille et ça descendait un peu. Surtout, il était beaucoup plus agréable car de jour nous pouvions au moins profiter du paysage pour nous récompenser de l’effort fourni. Alors que nous sommes partis du refuge sous un beau soleil, nous sommes arrivés 2h30 plus tard à la voiture sous les flocons de neige.

De retour à Québec puis à Montréal, fatigués, les cuisses endolories, contents de notre performance et du paysage et même un peu déculpabilisée car Olivier et Flop m’ont assuré que je n’avais pas été si pénible que ça ! Cela étant, je me méfierai à l’avenir des escapades organisées par Flop !

2 commentaires

  1. chapeau d’avoir tenu…moi j’aurai ralé :) !!!!!! mais bon, le paysage devait compenser…un peu


  2. Je retiens quand même qu’en arrivant au gîte la seule femme de la troupe en a profité pour foutre les pieds sous la table et boire une bière. C’est vraiment tres loin le Canada :D



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